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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 8/20

LINE UP

-Silje Wergeland
(chant)

-Bodil Myklebust
(guitare)

-Gyri S. Losnegaard
(guitare)

-Tone Midtgaard
(claviers)

-Trine C. Johansen
(basse)

-Ivar Alver
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Lifelines of Depths
3)Soundless
4)Icebound
5)Hymn
6)Hunting Eye
7)Future Is
8)Below Zero
9)Wasted On The Living
10)Without Air (Before)
11)Without Air (After)

DISCOGRAPHIE


Octavia - Winter Enclosure
(2005) - doom metal doom atmosphérique - Label : Candlelight PHD



Octavia est un tout nouveau groupe norvégien de doom atmosphérique, exclusivement composé de jeunes et frêles damoiselles. Un atout indiscutable pour les photos de promotion de ce premier album, mais qui n'est pas néanmoins sans poser un problème. Loin de moi, mesdames, l'envie de paraître sexiste, mais au vu de ces petites trognes féminines posant nonchalemment au bord de l'eau, telles Cinq Majas sur un tableau de Goya qui aurait pour thème la froideur scandinave, un doute m'assaille: et si Octavia n'était qu'un vulgaire coup marketing? Un énième combo sans intérêt, qui n'aurait pour unique raison d'être que la particularité de réunir cinq musiciennes pas trop laides, au look gothico-dépressif? Interrogation somme toute légitime, et je suis persuadé que vous n'en disconviendrez pas. Ah, méfiance... Quand l'art est envahi par le business, il devient tentant de trier le bon grain de l'ivraie trop rapidement. Bon ben voyons ce que ça donne, balançons la rondelle dans le lecteur, et appuyons sur Play...

Impossible de ne pas faire le rapprochement avec un autre groupe de doom norvégien qui s'est récemment illustré dans cette admirable propension à faire valoir avant la musique le faciès de sa frontwoman (ah, Carmen...), j'ai nommé Midnattsol. Beau plantage. Octavia se révèle toutefois plus heavy, plus violent, moins catchy. "Lifelines Of Depths" rassure, ou bien plutôt confirme les inquiétudes préalables, et ce d'entrée de jeu: la qualité instrumentale n'est vraiment pas de mise, on est assaillis par une tripotée de riffs tous plus mauvais les uns que les autres, desservis qui plus est par un son de guitare ryhtmique irritant, faussement death extrême, totalement hors de propos. Heavy mais ambiant, Octavia n'a pas vocation à faire pogoter les chevelus dans la fosse. La voix de Silje parcoure inlassablement les rythmes lents et saccadés dans des tonalités très claires, presque pop, mais toujours planantes, parfois enchanteresses, laissant ainsi se diffuser à l'oreille quelques réminiscences fort bienvenues de la grande Lisa Gerrard (ex-Dead Can Dance)... La qualité principale du groupe sans aucun doute - eh, voyez j'en ai trouvé une - qui aurait pu être utilisée à meilleur escient, si elle avait été accompagnée d'une musique moins plate.

"Plate" ne s'applique pas aux efforts de structure des morceaux, où les filles semblent avoir travaillé un minimum, reconnaissons-le; mais malheureusement cela ne comble pas les carences de créativité et d'inventivité mélodique. Ainsi "Soundless", encore plus porté sur l'ambiant, qui brille particulièrement pour ses pistes de guitare dégoûtantes, ou "Below Zero", toujours plus lent, toujours plus chiant. De son côté, "Icebound" essaie d'accélérer le tempo et d'amener un peu de folie à l'ensemble, ce qui aurait peut-être pu fonctionner s'il n'avait pas été directement suivi d'un interlude piano / voix et d'une ballade "Huntig Eye", qui ramènent en deux mesures l'atmosphère à la dépression. Et ça pleure dans les chaumières. Cela dit, les cinq nanas sont plus convaincantes dans ce registre, où elles ne dissimulent pas leurs intentions derrière de gros riffs et de gros coups de caisse claire. Et notre vocaliste semble à tout le moins apprécier l'exercice d'expressivité que représente ce petit moment intimiste. Ce morceau marque la moitié de l'album, à partir de laquelle - ô surprise - notre jolie claviériste Tone, qui apparemment a fini de compter ses doigts, s'aperçoit qu'elle peut émettre avec ces derniers des sons, en effleurant les touches noires et blanches situées sur le curieux appareil devant elle.

C'est ainsi que la deuxième partie de Winter Enclosure se dévoile plus en finesse, grâce aux nappes et aux courts leads distillés par notre petit génie. Ce qui n'empêche pas "Future Is" de lorgner vers l'extrême, avec notamment un passage très speed proche du blast-beat. Il y avait de l'idée. Mais en l'occurrence c'est raté. Déplacé et mal exécuté. "Wasted On The Living" annonce, en revanche, quelque de chose de plus sexy. Enfin une mélodie, une vraie! Enfin un riff accrocheur! Un morceau plus simple de structure et d'approche, avec une larme de douceur contenue dans les quelques notes de piano de Tone. Bon ce n'est pas exactement du happy rock, on n'est pas là non plus pour s'amuser, nom d'une potence et d'une ration de cyanure. Enfin "Without Air", épilogue décliné en deux parties ("Before" et "After", allez comprendre...) retombe illico dans la pauvreté musicale avec des arpèges pas bien recherchés et toujours un tempo lourd et rébarbatif. Conclusion : la démarche semble sincère. Mais la musique ne suit pas. Finalement, il est parfois bon ton de suivre son instinct. Ami suicidaire, évite Octavia. Reporte-toi plutôt sur The Gathering ou Candlemass, tu y gagneras au change.




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