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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Eric Bloom
(guitare+chant)

-Donald Roeser
(guitare+chant)

-Allen Lanier
(claviers+guitare)

-Joe Bouchard
(basse+chant)

-Albert Bouchard
(batterie)

TRACKLIST

1)Godzilla
2)Golden Age Of Leather
3)Death Valley Nights
4)Searchin' For Celine
5)Fireworks
6)R U Ready 2 Rock
7)Celestial The Queen
8)Goin' Through The Motions
9)I Love The Night
10)Nosferatu

DISCOGRAPHIE


Blue Oyster Cult - Spectres
(1977) - hard rock - Label : Columbia



Blue Öyster Cult semblait s'être complètement assagi en cette année 1977, ça n'avait plus grand chose à voir avec les débuts sulfureux et rock 'n' roll ! Après une succession d'albums brillants (Secret Treaties, Agents Of Fortune), c'est le début du creux de la vague pour le groupe et ce sera valable pour toute la fin des années 70. Afin de se débarrasser de son image de groupe néo-nazi (alors que certains membres du groupe sont juifs), Blue Öyster Cult avait choisi de calmer le jeu sur Agents Of Fortune. Spectres en est la suite presque logique. Bien que le groupe ait encore de beaux restes, l'ensemble est globalement assez décevant. A l'image de la pochette fantomatique, Blue Öyster Cult n'est plus que l'ombre de lui-même.

Deux classiques du rock sont présents : les indispensables "Godzilla" et "R.U Ready 2 Rock" qui prendront toute leur dimension en live. "Godzilla contient" le refrain rock qui tue par excellence et celui de "R.U Ready 2 Rock" possède des choeurs sublimes. Leurs versions studio ont toutefois l'avantage de conserver une certaine finesse, absente en live au profit de l'efficacité. Pour une fois que les classiques sont les meilleurs titres d'un album, c'est assez rare. D'habitude, les classiques (ou singles, c'est selon) sont connues pour être les chansons les plus banales.

La production, assez léchée justement et manquant de pêche, ferait presque sonner Blue Öyster Cult comme du Toto à leurs débuts ou même du Styx (c'est flagrant sur "Celestial The Queen" et "Goin' Through The Motions", du rock qui ne ferait pas de mal à une mouche). Les claviers de "Goin' Through The Motions" sonnent même comme du Yes époque Tormato (beurk !!!). Non pas que ce genre de morceaux soit mauvais, mais ce n'est pas tellement ce qu'on attend d'un groupe comme Blue Öyster Cult. On attend quelque chose d'un peu plus burné, voyez ! Blue Öyster Cult peut faire preuve de finesse, utiliser ses claviers à bon escient tout en en restant créatif et original, et sans être mou de chez mou (sur Agents Of Fortune et Fire Of Unknown Origin).

Le chant d'Eric Bloom est dénué de toute agressivité et en deviendrait presque quelconque. Du coup, on ressent clairement les limites de ses capacités vocales. Il n'y a que sur les titres les plus rock que son chant conserve une certaine pêche, c'est bien là où il est le plus performant ("Godzilla", "R.U Ready 2 Rock", "Searchin' For Celine" et "Golden Age Of Leather"). Je ne parle même pas du chant de Joe Bouchard et de Donald Roeser que l'on croirait tous les 2 noyés sous prozac. Il suffit d'écouter "Death Valley Nights", le genre de ballade désabusée, avec un refrain plus rock mais un peu poussif. Sur ce morceau, on a un peu l'impression d'entendre Peter Gabriel au chant, comme si ce dernier avait eu une extinction de voix. On peut recenser quelques beaux arpèges de ci de là ("Fireworks", "Nosferatu") mais rien de bien excitant dans l'ensemble.

Spectres est quand même régulièrement ponctué de sursauts qui frisent le génie, comme par exemple les accélérations de "Golden Age Of Leather", rappelant un peu les belles heures de Tyranny And Mutation, ou la ballade "I Love The Night", idéale pour emballer ! Cela permet de rendre Spectres intéressant malgré ses défauts. Les quelques touches psychédéliques, inhérentes au style du groupe et contribuant à rendre sa musique si spéciale, elles se retrouvent sur "Nosferatu" et "Golden Age Of Leather", ce sont les seuls passages glauques de tout l'album. Malgré d'évidentes qualités mélodiques, Blue Öyster Cult a bien du mal à gérer l'accumulation de ses précédents succès. Le besoin d'un nouveau souffle se fait ressentir et le renouveau créatif tardera à venir. Ce n'est pas sur le pitoyable Mirrors que les choses iront en s'arrangeant. Ce disque est un concentré de rock 'n' roll bas de gamme, à éviter d'urgence !




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