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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2007
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-El Butcho
(chant)

-Manu
(guitare)

-Fred
(guitare)

-Loïc
(basse)

-Benja
(batterie)

TRACKLIST

1)Bogeyman
2)Bastard Being
3)Rock 'n Roll Kids
4)The Wayside
5)One For The Money
6)Inside
7)Nothing Daunted
8)Sam - La voie des ténèbres
9)Sam 5
10)Watch Yourself
11)Blue

DISCOGRAPHIE

Watcha (1998)
Veliki Circus (2000)
Mutant (2003)
Phénix (2005)
Falling By The Wayside (2007)

Watcha - Falling By The Wayside
(2007) - death metal néo metal thrash metal néodeathcoreheavythrashrock - Label : Exclaim



C'est fou comme l'exposition médiatique peut porter préjudice quand elle est mal calculée. Watcha vivait sa petite vie tranquille de groupe de néo français admiré par certain et méprisé par d'autres (comme un groupe de néo français, quoi)... jusqu'à la sortie de Phénix et au clip du single "Un jour", chanson de pop-rock simpliste qui a méchamment plombé le groupe. Rejeté massivement par les fans, Watcha était officiellement devenu le groupe de la honte. Et pour tout arranger, leur section rythmique de renommée internationale se barrait juste après... on ne donnait pas cher de la peau de Watcha. On avait tort.

Inutile de tourner autour du pot : Falling By The Wayside est un album-massue, une putain de claque dans la gueule... et ce à plus d'un titre. Pour commencer aucun album de Watcha n'avait été aussi violent : dès l'intro de "Bogeyman" on se retrouve face à une avalanche de riffs dont certains tirent vers le thrash/death ! Lourd, méchant, malsain, le titre voit également Butcho alterner son flow néo avec des hurlements de goret qui dépassent de loin le cadre du hardcore et tirent le tout vers le métal extrême. Le passage de l'homme dans Scarve l'a marqué, et le growl death qu'il balance régulièrement çà et là a beaucoup plus à voir avec Cannibal Corpse que Korn, rajoutant encore une corde à un arc déjà démesuré. La production massive ne gâche rien : les guitares sont proprement énormes, batterie et basse sont parfaitement rendues et le chant multiformes de Butcho claque autant quand il fait parler la poudre (et de quelle manière!) que quand il chante en clair. Et quand Fred et Manu délaissent les riffs monstrueux pour des exploration mélodiques qui rappellent Mutant ("Sam - La voie des ténèbres") ça sonne également très bien.

Watcha ayant troqué une section rythmique branchée funk/fusion contre un batteur de rock et un bassiste de death, les différents plans sont moins alambiqués que par le passé et le tout part beaucoup moins dans tous les sens... mais c'est au bénéfice d'une approche compacte et puissante qui reste complexe tout en étant directe. En gros : les plans sont individuellement moins techniques et barrés qu'avant, mais on trouve un nombre de plans par titre qui force le respect, surtout vu qu'ils sont très méchants. "The Wayside" est ainsi un tube absolu : la rythmique martiale à la Fear Factory impressionne, les arpèges mélodiques aussi, et Butcho claque une ligne de chant sur le refain carrément inoubliable. C'est terriblement catchy mais c'est aussi construit au millimètre près, avec des variations et des breaks à tire-l'arigot... c'est du bonheur. Cette approche du rouleau compresseur intelligent est reprise sur bon nombre de compos : "One For The Money" combine lourdeur et agressivité avec brio, et "Sam 5" permet de constater que les gratteux ne sont pas avares de rythmiques death ultrarapides quand il le faut... et que le groove demeure.

Watcha a de plus eu l'intelligence de ne pas limiter son propos : à côté des moments pachydermiques et/ou corrosifs ("Bastard Being", seigneur!) se trouvent des titres plus mélodiques qui ne détonnent nullement et surprennent même parfois. "Inside" développe un feeling plus hard rock voire rock'n roll ultra pêchu transcendé par la production et le chant de Butcho, dont on ne soulignera jamais assez le côté caméléon vocal. "Nothing Daunted" est une compo addictive donnant autant dans le punk que dans le rock mélodique et qui voit le chanteur adapter sa voix d'une manière totalement bluffante. On se laisse d'autant plus entraîner par cette décharge inattendue d'énergie positive que la noirceur revient au détour d'un plan thrashcore qui ramone la face, agrémenté d'un solo de guitare aussi inattendu que jouissif. Il n'y a que "Watch Yourself" pour baisser le niveau : les couplets rappellent trop l'époque Mutant (sauf le chant parlé ivol) et le riff du refrain est un poil bateau. Idem pour le morceau final "Blue" qui tourne un peu en rond, sans qu'on comprenne vraiment où le groupe veut en venir. Et c'est tout.


Falling By The Wayside est l'album le plus foncièrement violent, direct et métal de la carrière de Watcha. On y trouve une enfilade de titres à la fois recherchés, brutaux et catchy qui ne laissent pas indemne. Si le groupe avait perdu une bonne partie de ses fans avec Phénix il faut espérer qu'il en regagnera d'autres avec ce disque puant la rage qui dépasse largement le cadre néo déjanté que le groupe avait créé. Groupe de métal à part entière, Watcha mérite avec cet album qu'on laisse tomber ses préjugés et qu'on les accueille à bras ouverts. Pour une surprise, c'est une sacrée bonne surprise...


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