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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9/20

LINE UP

-Burton C. Bell
(chant)

-Dino Cazares
(guitare)

-Christian Olde Wolbers
(basse)

-Raymond Herrera
(batterie)

TRACKLIST

1)What Will Become
2)Damaged
3)Digimortal
4)No One
5)Linchpin
6)Invisible Wounds (Dark Bodies)
7)Acres Of Skin
8)Back The Fuck Up
9)Byte Block
10)Hurt Conveyor
11)(Memory Imprints) Never End

DISCOGRAPHIE


Fear Factory - Digimortal
(2001) - néo metal indus Cyber-metal - Label : Roadrunner Records



En voilà un album que l'on a attendu au tournant!! Un Demanufacture culte, un Obsolete énorme, ça commençait à devenir sérieux tout ça. Est-ce que Fear Factory allait finalement entériner son passage dans la cour des grands voire très grands? Et bien... Non! Dommage!! C'est au moment où le groupe avait l'occasion d'asseoir défintivement sa crédibilité qu'il a laissé les sirènes du show-business le détourner de sa voie. Et le résultat c'est ce Digimortal bâtard, le cul entre deux chaises, bien pauvre malgré quelques trop rares moments d'inspiration.

Dès le premier titre, "What Will Become?", une caractéristique saute aux yeux, qui restera vraie pour tout l'album: les éléments cyber ont changé de fonction. Les traditionnelles nappes de claviers et bruitages technoïdes, qui dans les deux derniers albums servaient à poser une atmosphère glaciale et personnalisaient la technologie oppressante et meurtrière propre à l'univers du groupe, sont ici carrément orientés « dance floor ». Et oui! Les titres "Damaged" et "Linchpin" confirment cette tendance, ce dernier passe d'ailleurs en boîte en Angleterre... On n'est pas loin du boum-boum, et ça surprend pas mal!! Le côté néo accru de beaucoup de riffs sur ce nouvel opus couplé à ces claviers « catchy » donne au tout une consonance beaucoup plus commerciale que tout ce que Fear Factory avait fait auparavant. Le groupe a d'ailleurs assumé ce virage, en parlant pour commencer d'expérimentation (ce qui est vrai), puis en avouant franchement que les titres de Digimortal sont formatés radio pour la plupart, ceci dans un but de reconnaissance médiatique du groupe.

Bon, au moins c'est clair!! On se retrouve avec des compos plus linéraires, compactes, affichant un but d'efficacité évident. Je ne mentionnerai même pas "Back The Fuck Up", titre avec un rappeur en guest...Le premier titre vraiment violent, "Acres Of Skin", fait presque plaisir avec son intro en blast beat, mais c'est aussi une occasion de remarquer la faiblesse de la production. En effet, le son semble compressé, et l'impression de remplissage total de l'espace sonore d'Obsolete a disparu. De fait, les riffs saccadés ultrarapides de Cazares perdent énormément en impact. C'est toujours impressionant techniquement, en particulier cette fusion totale guitare-batterie, mais le côté marteau-piqueur n'y est plus, il n'y a plus de puissance! L'agressivité est la pièce manquante de cet album, avec nombre de plans dont on sent qu'ils on été écrits dans l'intention de ravager l'auditeur mais qui foirent. Et l'autre gros problème c'est le chant.

Mais qu'est-ce qui est arrivé à Burton C. Bell? Encore une fois, c'est bien beau d'expérimenter mais faut que le résultat suive. En gros, Burton ne chante presque qu'en agressif-mélodique, délaissant son habituelle alternance growl/chant clair. Et ça ne le fait pas du tout, du tout!! Il pousse sa voix comme un veau, c'est douloureux à entendre. Le morceau "Digimoral" commence par une bouse vocale, un genre de beuglement immonde, et se continue par un couplet laid où le chant confine au ridicule. Les moments où on souffle un peu sont ceux où il revient à son ancien style (comme le refrain du titre précité), mais c'est vraiment pas souvent. En plus le nombre élevé de passages basse-batterie un peu dissonants et bizarroïdes (néo, quand tu nous tiens) fait d'autant plus ressortir son chant, et on ne peut que constater l'échec. Heureusement qu'il s'est repris sur Archetype...


Sinon, depuis "Descent" on savait que Fear Factory pouvait faire de la bonne mélodie, et maintenant on sait qu'ils réussissent des fois, et des fois pas. Pas mal de tentatives mélodiques tombent à plat, mais c'est aussi de ce côté qu'on peut trouver les moments les plus intéressants de l'album, comme certains passages des ballades "Invisible Wounds" et "(Memory Imprints) Never End". Pour le reste, franchement, cet album de Fear Factory est dépourvu de ce côté génial qui nous avait fait nous réjouir auparavant. Bon, allez, après tout ils ne pouvaient plus se blairer à l'époque, et ils se sont rattrapés depuis, donc...


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