1005

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Lee Dorrian
(chant)

-Gary Jenning
(guitare)

-Adam Lehan
(guitare)

-Mark Griffiths
(basse)

-Mike Smail
(batterie)

-Helen Acreman
(flûte)

-Reverend Wolski
(claviers)

TRACKLIST

1)Picture Of Beauty & Innocence (Intro)
2)Commiserating The Celebration
3)Ebony Tears
4)Serpent Eve
5)Soul Sacrifice
6)A Funeral Request
7)Equilibrium
8)Reaching Happiness, Touching Pain

DISCOGRAPHIE


Cathedral - Forest Of Equilibrium
(1991) - doom metal - Label : Earache Records



Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! (à lire avec un extrême lenteur) Ben voilà, vous avez résumé toute la musique de Cathedral dans cette onomatopée, ou presque. Car non, même si il s’agit d’une musique extrêmement lente, elle n’est point somnolente ou assoupissante. Non, c’est juste du doom metal. Ce genre si spécial du metal, qui n’a pour but que de créer la musique la plus immonde, la plus dépressive, la moins joyeuse pour vous plonger dans un profond désarroi. Avec environ un riff à la minute (presque sans exagérer), on ne se trompe pas. Si on ajoute en plus une batterie lancinante, des textes d’une noirceur à vous faire pourrir la plus vivace des plantes, c’est bon, c’est bien du doom que nous tenons entre nos mains.

Pourtant l’intro pourrait vous donner quelques espoirs. En effet celle-ci est composée de guitare sèche jouée à un rythme tout ce qu’il y a de plus normal et même plutôt entraînant. Elle est de plus accompagnée par une flûte de pan chaleureuse et réconfortante. Mais bien vite la guitare électrique décoche son premier riff, à une vitesse pachydermique et un son terriblement lourd, pire que n’importe quelle guitare heavy ou death. Tan …. tan ……. tan .. tan voilà, vous êtes entré dans le monde de Cathedral un monde qui n’est pas des plus joyeux. La batterie entre à son tour dans le cercle maudit en martelant la même rythmique à la vitesse inverse d’un supersonique. La voix quant à elle n’a pas un déchirant terrible, elle n’est pas torturée à mort, mais elle possède un je-ne-sais-quoi de troublant. Elle est aggravée mais pas trop (pas autant que ne peuvent l’être les chants death) et elle contribue à ce sentiment de profond désarroi qui se dégage de la musique.

Et on peut trouver cette musique attirante ? Ben oui. Mais il faut être dans de bonnes dispositions. Par exemple des fois j’ai bien envie de me plonger dans une certaine tristesse, dans un état pas vraiment de grande joie et bien un petit coup de ce Forest of Equilibrium et le tour est joué. Franchement une musique de pure atmosphère, il ne faut pas chercher la moindre envolée technique ou même un rythme entraînant. Non, ici tout se joue dans l’ambiance, l’émotion et les sentiments procurés à l’auditeur. C’est une certaine vision (…) de la musique. Mais si jamais vous êtes dans ce cas là, c’est assez puissant de se rendre compte qu’une simple mélodie peut vous plonger dans les ténèbres. Et c’est là tout le génie du doom. Un genre qui ne joue en rien sur les changements de rythme, sur les envolées instrumentales. Tout le contraire même. Tout n’est qu’ambiance, lugubre souvent, et cela vous rappelle que la musique n’est pas uniquement une branlette instrumentale mais aussi une distillation d’émotions. Surtout ne pas prendre le doom pour ce qu’il n’est pas, à savoir une musique jouée au ralenti, non, c’est une musique lente certes, mais qui possède son propre art du riff, car on ne bâtit pas un riff de doom comme un riff de black ou de heavy. Il faut que celui-ci vous fasse clairement comprendre que le trépas n’est pas loin.

Bon, il faut malgré tout avouer qu’il arrive qu’on trouve le temps long par moments, mais on prend un malicieux plaisir à se déprimer. Et puis Cathedral a pensé à tous ceux qui aiment quand ça bouge. En effet, il se trouve un extra-terrestre au milieu de l’album ("Soul Sacrifice" pour ceux que ça intéresse) avec une rythmique limite heavy (!), très courte (évidemment, comme tout est accéléré dix mille fois …) et qui comporte un demi solo juste à la fin (comprendre il dure bien … 5 bonnes secondes). Mais qu’on se rassure, cela ne dure pas, ouf ! Il faut tout de même rajouter que le groupe sait rajouter quelques accélérations de temps à autre, comme sur "A Funeral Request" qui en plus d’un tempo rapide donne droit à un vrai solo de guitare et à un passage bien senti à la guitare sèche, comme pour aérer le tout. Un album bien déprimant donc, hyper lent, mais tout en ambiance. Magnifique. Ou écoeurant …




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2